Christophe Briquet Ostéopathe énergéticien

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La "slow ostéopathie" ou l'art de "prendre son temps en ostéopathie"

La



A l’image du  concept de « slow food » qui se voulait une alternative cohérente , non violente , et respectueuse tout autant des terroirs que des personnes ( producteurs mais aussi consommateurs ) , face à « l’invasion » généralisée du « fast food » et à « l’uniformisation » d’un goût imposé par des sociétés multinationales , je me suis demandé s’il ne devenait pas nécessaire de plaider en faveur d’une « slow ostéopathie » , une ostéopathie dans laquelle  « prendre son temps » serait un « marqueur » fort , incontournable , comme une incroyable évidence , non seulement pour « soigner « notre patient » dans une bulle de calme et d’attention consciente , mais aussi pour permettre à notre conscience de praticien de pouvoir se déployer de manière pleine , vaste et non entravée …..


Chacun d’entre nous n’aura aucun mal à se souvenir de ses expériences dans un « fast food » , où l’idée est de faire de nous un consommateur lambda , interchangeable , à propos duquel tout est conçu pour qu’il passe le minimum de temps dans le pseudo-restaurant tout en y ayant dépensé le maximum d’argent possible …

La formule gagnante du fast-food pouvant alors se résumer ainsi : « vite commandé , vite payé , vite englouti » !!!!!

Or , tout ce qui s’accomplit à la hâte a fort peu de chance de s’accompagner d’une quelconque « prise de conscience » et c’est probablement aussi un des buts recherchés par ces marchands , que nous restions bien entendu inconscients de la qualité non seulement  de ce qu’ils nous font « avaler » au sens propre , mais aussi de ce qu’ils nous font vivre littéralement , ce qu’ils nous font « avaler » au sens figuré , notamment les conditions de travail éminemment discutables de leurs salariés mais aussi le cadre et la décoration uniforme et sans vie de leurs établissements …

C’est pourquoi les inventeurs du concept de « slow food » ne se sont pas arrêtés là et ont naturellement conçu le concept de « slow city » , c’est à dire des villes et des cités à taille humaine ( moins de 60 000 habitants ) , où se déplacer à pied où à vélo , est non seulement possible mais aussi et surtout « agréable » et « préférable » ….Des villes où il redevient possible de « penser » , de « se rencontrer » , « d’échanger » , de « s’engager » ( nécessité notamment d’une dose de démocratie participative ) , bref des villes où il fait « bon vivre » et au sein desquelles le plaisir n’est plus absent ( plaisir du » silence » , plaisir « du bien-manger » , plaisir de se sentir « citoyen-acteur » de son environnement et non plus « consommateur-contribable » subissant des choix pas toujours lisibles !!! ) …..

Mais où est le rapport avec l’ostéopathie dans tout cela , me direz-vous ?


Eh bien , je vous répondrai que l’ostéopathie ne peut échapper ni à l’influence , ni au climat général de l’époque où elle est exercée et que depuis l’époque où notre bon « vieux docteur » ( surnom affectueux donné par ses disciples à A. T.  Still, le maître fondateur de notre chère ostéopathie ) exerçait son art et notre époque actuelle , beaucoup de choses ont changé ….

Il n’aura échappé à personne que l’époque actuelle et son « matérialisme » ambiant influencent jusqu’à la manière même dont sont pratiqués non seulement l’ostéopathie , mais aussi la médecine plus généralement et encore les disciplines para-médicales ….


Voilà pourquoi j’ai choisi d’imaginer ce concept d’une « slow ostéopathie » , à la fois pour vous faire sourire mais aussi pour insister sur l’importance , pour ne pas dire la nécessité de « prendre son temps » en ostéopathie , quand nous recevons nos patients en vue de leur prodiguer nos soins dans cet espace si particulier qu’est notre cabinet ….

Certes il ne s’agit pas là de « prendre son temps » pour « flâner » , il ne s’agit pas là de « prendre son temps » pour « perdre son temps » en vain ; en aucun cas , nous ne désirons gâcher inutilement cette denrée tout aussi rare que précieuse et qui plus est « non-extensible » , qu’est le temps , loin de là …!!!

Bien au contraire , nous désirons utiliser ce temps de la manière la plus optimale possible ; nous désirons en « tirer la substantifique moëlle » , afin d’offrir à nos patients le meilleur de ce que notre art de soigner a à leur offrir , la quintessence en quelque sorte  ..!!!

Tout d’abord , nous refusons de voir notre patient comme un client lambda ( voir plus haut ) mais comme une personne qui tout en étant  unique et particulière , partage avec nous toute l’étendue de son humanité , un « alter ego » en somme ….


Personne ne peut raisonnablement contester ici qu’il est de la plus haute importance de se sentir « respecté » et « écouté » dans son humanité , avant de pouvoir confier en toute sérénité son corps à des soins de toute nature , à fortiori des soins ostéopathiques , où le patient « en souffrance » attend de nous un soulagement à ses plaintes et ses douleurs ….

Et pour cela , il est tout aussi nécessaire de « prendre son temps » …


« Prendre son temps » pour permettre par exemple , de laisser la confiance s’installer tout au long de l’interrogatoire , qui va donner l’opportunité au patient de nous raconter « son histoire » : ce "prendre son temps"  sera tout aussi nécessaire au praticien pour observer avec tous ses organes des sens notre patient , observer sa posture , sa démarche , ses mouvements , écouter et entendre sa voix , son timbre , sa tonalité , les mots qu’il ou elle choisit d’utiliser pour dire son histoire , parfois même nous pourrons déjà déceler des émotions affleurer derrière les apparences et la contenance dues à la pudeur de circonstance …..

Puis viendra le temps du soin à proprement parler , celui où nous allons tout tenter pour apporter la meilleure réponse possible à ses attentes …

Là encore , qui peut douter qu’il est absolument nécessaire de se « donner du temps » que ce soit pour cette première « prise de contact » tactile , mais enfin et surtout pour le soin lui même , ce moment mystérieux où pour paraphraser un immense ostéopathe américain ( ceux qui l’ont lu le reconnaitront sans mal !! ) , « la physiologie sans nom du praticien » se met au service de la « physiologie sans nom » du patient ….


Voici le moment de préciser également que le corps et ses tissus ( rappelons qu’un ostéopathe soigne la totalité des tissus de l’organisme de son patient ) ont besoin de temps eux aussi , pour pouvoir manifester dans nos mains les éléments probants d’une « réponse tissulaire » favorable , sous la forme d’un nouvel équilibre atteint , de tissus déjà « dénoués » , et surtout déjà plus « fluides et plus mobiles » ( rappelons à nos lecteurs que « la lésion ostéopathique » est la « restriction de mobilité tissulaire » , et non pas la douleur en elle même , qui est plutôt la conséquence de cette même restriction de mobilité ) ….

Ce même grand ostéopathe américain ( et oui , encore lui ! ) allait jusqu’à dire : «  my patient is my clock » !!!

Ce qui signifie on ne peut plus clairement que nul praticien , quand bien même serait-il le plus habile , ne saurait savoir mieux que le corps lui même de son patient non seulement comment il faut le soigner , mais encore où le soigner , et surtout pendant combien de temps il est nécessaire de le soigner pour qu’une  réponse favorable puisse survenir ..!!!

Cela nécessite de développer des mains qui sachent elles aussi "écouter" ce que les tissus ont à nous dire ....

Pour le dire autrement , comprenons bien que le corps et ses tissus obéissent à des lois et que nul ne peut outrepasser ces lois sans risquer de faire vivre à son patient , au mieux un moment inconfortable et déplaisant , au pire un moment responsable d’autres lésions ou d’autres problèmes qui viendront se surajouter aux précédents , car vécu par le corps comme une agression supplémentaire ….

Enfin , comprenons bien que notre patient ne saurait être réduit à sa seule dimension de « mécanisme » ostéo-articulaire  , qu’il ne saurait être réduit à une dimension de « mécanique » tout court , tant il est vrai qu’un être humain ne sera JAMAIS une quelconque « mécanique » , mais un TOUT complexe , avec toutes ses dimensions physique , émotionnelle , mentale , voire spirituelle  ….

Mais après tout , même une « mécanique » a probablement besoin de temps pour révéler tous ses secrets pour mieux la « réparer » , alors que dire d’un être humain et de ses mystères quand nous le soignons …? 

Notons au passage que l’immense majorité des techniques ostéopathiques sont des techniques d’exécution plutôt lente , nécessitant d’utiliser une gestuelle thérapeutique bien plus « lente et douce » que « rapide et brève » …!!!

Seule exception à cette règle sont les techniques si controversées  dites à « haute vélocité et faible amplitude » , « techniques à grande vitesse » d’exécution ; ce sont les techniques dites de « manipulations avec craquements » si difficiles à pratiquer correctement puisque devant être à la fois « ultra-rapides » ( plus vite en tout cas que la boucle réflexe neuro-musculaire ou réflexe myotatique de défense !! ) mais aussi et surtout de « très faible amplitude »( pour ne surtout pas dépasser les « limites » physiologiques des amplitudes articulaires anatomiquement permises et donc ne pas créer de « blessures » ) …

Est-ce un hasard si de plus en plus de patients répugnent à devoir subir ces techniques de manipulations  ( archétype d’une « fast ostéopathie » qui cherche avant tout à aller vite !!! ) , qui ne sont ni anodines ni sans danger et que le Dr Still considérait déjà comme je cite , « étrangères à l’ostéopathie » ( voir à ce propos  ici même « le mythe de la vertèbre déplacée » qui renseigne sur ces dangers ) …!!!


C’est ce même Dr Still , qui disait ailleurs : « un ostéopathe intelligent apprend vite qu’une main légère et un mouvement doux permettent d’obtenir le résultat désiré » …

N’était-il pas déjà possible de deviner dans ces mots de notre Maître fondateur les prémices d’une définition de la « slow ostéopathie » ?


J’écrivais tout récemment à une patiente qui me remerciait de « prendre tout mon temps » pour chaque patient les mots suivants : « Un praticien qui « prend son temps » , à la fois pour écouter , mais aussi pour « soigner » , crée un temps comme « suspendu » au sein de « cette expérience partagée » que constitue une séance d’ostéopathie , condition sine qua non à la création d’un climat de détente et de relâchement …. »

Peut-être est-il nécessaire de rappeler cette évidence que la qualité de ce temps de vie « partagé » que constitue une séance d’ostéopathie dépend ainsi en grande partie de la qualité de notre « conscience » de praticien , de notre faculté à nous immerger totalement dans le présent de notre soin ostéopathique …!!!

Nous savons à présent grâce aux neuro-sciences  que notre "conscience" de praticien influence naturellement , automatiquement , la conscience de notre patient , comme si nos deux consciences se mettaient  "au diapason" , ou plus exactement en "syntonie" vibratoire : du grec "suntonos" , signifiant "être d'accord avec" , ou "qui résonne en accord" .....

Pour le dire encore plus clairement "un praticien à l'esprit en paix" transmettra naturellement cette qualité de paix à son patient ...Intéressant , non ?

Ainsi "que  puis-je faire" et "que dois-je faire" en tant que praticien pour que ce moment « du soin à mon patient » soit non seulement le meilleur moment thérapeutique possible pour lui , mais encore un moment de vie partagée chargé de «pleine conscience » et de « présence » ?….

Seule « une main légère » et « des mouvements doux » , une main qui se calque sur les mouvements « lents et rythmiques » présents au sein des tissus , seule une main qui n’impose rien à ces mêmes tissus , qui attend patiemment et en « toute  conscience » la réponse favorable des tissus , permet d’obtenir « le résultat désiré » : c'est à dire , des tissus ayant retrouvé une meilleure mobilité ( ceci est visible dès la fin de la séance dans la plupart des cas !! ) , un patient apaisé et souvent déjà moins endolori , un patient qui a pu « se poser » et laisser un peu plus de sa « conscience » s’unir à son corps , se « débranchant » ainsi de « la vitesse du mental » et de ses pensées parasites pour mieux « ressentir » les rythmes lents de son corps ….


En un mot , il s’agit là d’un moment qui nous aura rendu un peu plus humains tous les deux , le patient , et moi l'ostéopathe …


Vous aurez compris aisément que ce concept un brin loufoque de la « slow ostéopathie » ne visait qu’à parler d’une « ostéopathie » à visage humain , l’ostéopathie « tout court », cette merveilleuse ostéopathie "humaniste"  à propos de laquelle le Dr Still  disait : « l’ostéopathie est la loi de l'esprit , de la matière  et du mouvement » .

Christophe Briquet , D.O. . 


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